En attendant leur rendez vous, les visiteuses du Service Social peuvent choisir des vêtements de Tricotez Cœur.

Vétue de noir, les cheveux  bruns tirés, Dina farfouille sur la table exposant les vêtements de Tricotez Cœur. Elle hésite avant d’opter pour une couverture blanche et un gilet jaune. Son regard triste s’éclaircit alors, elle arbore un large sourire.  La couverture sera pour son bébé, le gilet pour son fils un peu plus grand.

Nous sommes dans la salle d’accueil du service social départemental de l’Ile Saint Denis, une pièce riante, peinte en jaune, où l’on voit quelques chaises pour attendre, un coin enfants permettant aux petits de jouer, deux tables  présentant les layettes, et au mur des doudous tricotés.

C’est là que les femmes en difficultés du secteur viennent chercher de l’aide, soit sur rendez vous soit spontanément en urgence. Et elles sont nombreuses. 

Dans ce quartier en pleine recomposition, la misère est grande, l’emploi est rare et les logements inexistants ou entre les mains de marchands de sommeil. Or 7700 habitants vivent là de 85 nationalités différentes. Des familles mais aussi des femmes seules avec des enfants.

Nombreux sont ceux sans ressources et sans hébergement. Pour tenter de trouver une solution deux assistantes administratives, trois assistantes sociales et une responsable les accueillent.

« Souvent ils ne savent pas où ils vont loger le soir même » constate Feroudja.  La seule solution consiste à appeler le Samu Social qui peut leur indiquer un hôtel avant qu’ils ne trouvent un hébergement pérenne. Mais les services sont submergés et il faut attendre 3 heures avant que quelqu’un réponde au téléphone !

En attendant leur rendez vous, les visiteuses du Service Social peuvent choisir des vêtements de Tricotez  Cœur. Les premiers temps, il y a quatre ans, elles hésitaient, timides. Aujourd’hui elles se servent avec joie. « Elles apprécient les tricots fait à la main, reconnaît Justine, l’une des assistantes sociales. C’est un gage de qualité et cela leur rappelle leur enfance ».  Quant aux doudous ils ont un succès tel qu’il faut les  contingenter !

Alors, continuez à tricoter pour elles. Et soyez sûres que vos œuvres vont là où l’on en a besoin et font des heureux…

Feroudja

Bénévole à la P.M.I. de l’Ile Saint Denis